Extraitde l’ouvrage « Penseren images et autres témoignages sur l’autisme »
« Jedispose de très peu d’indices affectifs pour m’orienter dans les relationscomplexes.
Les adultes autistes…ont des problèmes encoreplus importants quand ils tentent d’avoir des relations intimes. Ilsn’ont aucune idée du comportement
qu’il faut adopter. Un jeune homme quis’intéressait à une fille est même allé chezelle avec un casque de football américain sur la tête. Il pensaitque ce
déguisement lui permettrait de l’observer parla fenêtre. Pour son esprit logique et visuel, il suffisaitd’être sûr de ne pas être reconnu pour pouvoir seposter
à l’extérieur et regarder.
… Les autistes n’ont pas ces instincts de base qui rendent lacommunication naturelle. Les enfants autistes apprennent les comportementssociaux de manière systématique, de la même manièrequ’ils apprennent leurs leçons à l’école. JimSinclair a résumé la situation en disant : les interactions
impliquent des choses que la plupart des gens savent sansavoir dû les apprendre… De même Tony W. comprenaitintellectuellement les sentiments d’autrui, mais iln’éprouvait pas personnellement ces sentiments.
Je ne sais pas interpréter les signaux affectifs subtils. Jeprocède par tâtonnements pour apprendre la signification desgestes et des expressions. »
« Les animaux ont des codes sociaux internes etsubtils, qui leur permettent d’agir et interagir. Les autistesn’ont pas accès à ces codes entre humains.
Propos de Temple Grandin recueillis par OliverSacks :
« Entre les autres enfants existaient en effettoutes sortes d’interactions rapides, subtiles, et perpétuellementchangeantes – un échange de significations, unenégociation, une célérité de compréhensionsi remarquables qu’elle avait même envisagé lapossibilité que ces phénomènes soient d’ordretélépathique.
Or, elle n’y avait pas accès :inconsciente de l’existence de ces signaux sociaux, elle pouvaitseulement les inférer de ce qu’elle observait, sans êtrecapable de les percevoir elle-même, sans participer directement àcette communication magique et sans concevoir non plus les étatsd’âme kaléidoscopiques et multistratifiésqu’elle recouvrait.
… Ce coucher de soleil vous réjouittant…, m’avait-elle dit. J’aimerais qu’il meréjouisse aussi. Je sais bien qu’il est beau, mais je ne pige